Casser ou se faire voler du matériel loué
Vous, ou l'assurance que le loueur propose au comptoir. Pas la responsabilité civile familiale : elle couvre les dommages causés à un tiers, pas le bien qui vous est confié.
La nuance paraît technique. Elle décide pourtant de qui paie une paire de skis à plusieurs centaines d’euros.
Pourquoi votre familiale ne joue pas
Une responsabilité civile répond d’une seule chose : le dommage que vous causez à autrui.
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Le matériel que vous louez n’entre pas dans cette catégorie, parce qu’il ne vous est pas étranger. Il vous a été remis, vous en avez la garde, et vos obligations envers le loueur viennent du contrat de location que vous avez signé au comptoir. Ce que vous devez au loueur, vous le devez au titre de ce contrat, pas au titre d’une faute commise envers un tiers.
Les contrats de responsabilité civile excluent d’ailleurs explicitement les biens confiés, et la clause porte ce nom-là. Cherchez-la dans les vôtres, elle y est.
La logique vaut dans les deux sens, et c’est ce qui la rend facile à retenir. Vous cassez les skis que vous avez loués : le contrat de location décide. Vous cassez les skis de quelqu’un d’autre en le percutant : votre familiale est concernée, parce qu’il y a cette fois un tiers.
Le détail de ce que couvre une familiale est sur la page responsabilité civile familiale et collision sur piste.
Et dans la plupart des cas, il n’y a pas de tiers
Le bureau suisse de prévention des accidents relève que plus de 90 % des accidents de sports de neige surviennent sans tiers, par chute seule.
Le matériel suit la même statistique que les corps. Un ski se tord le plus souvent dans une chute solitaire, contre un rocher affleurant ou dans une plaque de glace, sans personne d’autre en cause.
Il n’y a donc, dans la grande majorité des cas, personne d’autre que vous.

Ce qu’on vous propose au comptoir
La plupart des loueurs proposent une garantie contre la casse, parfois contre le vol, pour quelques euros par jour ajoutés au prix de la location.
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Ce que ces garanties couvrent varie d’une enseigne à l’autre et ne se devine pas. Avant de dire oui ou non, posez quatre questions au comptoir :
- La garantie couvre-t-elle la casse seule, ou aussi le vol ?
- Y a-t-il une franchise, et de quel montant ?
- Faut-il rapporter le matériel cassé pour être couvert ?
- Que se passe-t-il si le matériel a été utilisé hors des pistes balisées ?
La troisième surprend souvent, et elle est décisive. Une garantie casse suppose généralement que vous rameniez les morceaux : un ski abandonné en bas d’un couloir ne se répare pas et ne se prouve pas.
Le vol est plus difficile que la casse
La casse se constate, le vol se raconte, et c’est là que les dossiers se compliquent.
La situation qui revient le plus souvent est aussi la plus banale : les skis posés sur un râtelier devant un restaurant d’altitude, le temps d’un plat du jour, pendant que trois cents personnes passent devant et que personne ne regarde qui repart avec quoi. Beaucoup de garanties excluent ou limitent ce qu’on appelle le matériel laissé sans surveillance, et un râtelier public à l’heure du déjeuner entre exactement dans cette définition.
Deux réflexes changent l’issue. Séparez les skis de la paire et posez-les à deux endroits différents, parce qu’un ski seul n’intéresse personne. Et en cas de vol, déposez plainte sur place avant de repartir : sans dépôt de plainte daté, la plupart des garanties ne s’ouvrent pas, et vous ne pourrez plus le faire depuis la Belgique.
Demandez une copie du dépôt de plainte et photographiez-la immédiatement.
Certaines formules prévoient un volet matériel, propre ou loué, et une garantie vol qui peut s’étendre à l’équipement : c’est à vérifier formule par formule, et le point de départ est sur l’accueil.
Ce qu’il faut faire si ça arrive
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- Prévenez le loueur le jour même, pas au moment de rendre le matériel. Un dommage signalé tardivement se discute.
- Gardez le contrat de location, qui porte la description du matériel et sa valeur.
- Photographiez ce qui est cassé, avant de le rendre.
- En cas de vol, déposez plainte sur place, et récupérez une copie.
Ces quatre gestes prennent vingt minutes et décident de tout ce qui suit.
Faut-il prendre l’assurance du comptoir
Il n’y a pas de réponse générale, et se méfier de qui vous en donne une.
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Le calcul dépend de trois choses : la valeur du matériel loué, la franchise proposée, et ce que vous avez déjà par ailleurs. Sur du matériel haut de gamme loué une semaine pour une famille, la question se pose sérieusement. Sur une paire d’entrée de gamme pour deux jours, beaucoup moins.
Ce qui est sûr, c’est que votre familiale ne prendra pas le relais, et c’est le point que cette page voulait établir.
Pour savoir ce que vous avez déjà et ce qui manque avant un départ, le bureau regarde avec vous : demander un devis.
Questions fréquentes
Qui paie si je casse des skis loués
Vous, au titre du contrat de location, ou la garantie que le loueur propose si vous l’avez prise. Pas votre responsabilité civile familiale, qui exclut les biens confiés.
On m’a volé mes skis devant un restaurant d’altitude, suis-je couvert
Cela dépend de la garantie souscrite, et beaucoup limitent ou excluent le matériel laissé sans surveillance. Déposez plainte sur place dans tous les cas : sans ce document, aucune démarche n’aboutira.
Mon propre matériel est-il couvert pendant le voyage
C’est une autre question, qui relève du volet bagages ou d’une garantie matériel. Le mot doit figurer dans vos conditions.

